[Fatranniversaire #2] AMOUR ET EROTISME

[Fatranniversaire #2] AMOUR ET EROTISME

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EROTISME

La gueule béante du ciel pourpre
tonne lentement dans la plaine éclaboussée
nos épaules se bercent dans la marée
l’herbe joue sur mon cou
et brise le chaud de la terre.

Un pin se défait tout en aiguilles
qui collent dans les boucles perlées de ta nuque
et mes yeux se tapissent dans les recoins des tiens.

Enfants des frissons de ces bois
l’univers ramassé dans nos bras enroulés
ton sang se refroidit doucement
quand ta pupille dévore le ciel de feu.

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CHARITÉ

C’est un frisson de feu, dans la tempête du monde,
C’est un creux de noirceur, où naît l’incertitude,
C’est un acte sans mot, et qui crie dans la nuit,
C’est un acte à peine, c’est un mouvement infirme,
C’est la foi en moi autre, perdue entre tes lèvres,
C’est la moisson du temps, sur ton cœur apaisé,
C’est le rire des enfants, adulte emprisonné,
C’est la couleur de l’âme, c’est sa chair pathétique,
C’est un trou de douceur, où chante une rivière,
C’est la terre contre toi, qui n’est plus que tendresse,
C’est un sang ravivé, dans un blizzard de cendre,
C’est un repli gracieux, c’est le coin de tes yeux,
C’est la mortelle clémence, la rangée de quenottes,
C’est le pourpre d’un labre, c’est le baiser au vide,
Qu’en un jour, un lieu, par une action fortuite,
Tu as laissé tomber dans l’air tout contre moi.


Alors je l’ai recueilli, ton sourire.

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CHARITÉ #2

Au creux de son corps
Brûlait la tendresse
Du mystérieux accord
Des amours terrestres ;
L’épiphanie de bras
Sur la nuque enroulés
Quand les démons d’en bas
M’ont saisi au gosier.
Dans ce nouveau logis
Ils buvaient mes larmes,
Et conspuaient moindre ris
Car la haine est leur arme ;
C’est qu’ils aiment les heurts
Que le monde assène
Et pour eux le malheur
D’un théâtre est la scène.
Dernier bouffon du drame
Que la vie a prescrit,
J’ai refusé l’infâme
Et me suis englouti
Au creux de ses mains ,
La douceur de sa peau,
Au creux de son sein ,
Et l’amour encore chaud,
Dans le chaudron bouillant
De ses épaules nues ;
Les démons du dedans,
Leurs voix se sont tues.

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MORT – EGO 

Triste balafre d’un intransitif
Chargé, sans transition,
De découper à vif
Un carré un moignon
Du palpitant hâtif
De ton amant girond.

Ah, il faut croire
Que d’aimé à haï
Pas d’étape transitoire
Qu’en un ris tout finit ;
Et la vaine histoire
Des amours gémit.

Aux passions trahies
Aux célérités gâtées
De nos étreintes pourries
Quand d’un mot renvoyé
Paria parmi les bannis,
Maudit, tu m’as réprouvé.

Un instant mélomane
Se rejouer la comptine
Qui à tous sonne insane
Qui à mille âmes lamine,
Et mine jusqu’aux mânes,
Ton acerbe badine :

« C’est là que tout finit. »

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ÉROTISME #2

A ton corps pathétique
Sur le lit décharné
Des mémoires iniques.
A l’amère cruauté
Dans la mèche lubrique
A la diable jetée;
Fantaisie onirique
Sur ta peau de baisers.
A lueur extatique
Dans tes yeux mordorés
Quand perchée sur ma trique
Tu allais à ton gré.
A nos mœurs anarchiques
Nos vies désordonnées
Nos amours féeriques
Par toi en fin négligés.

A ton corps oublié
Sur le calice caustique,
Soude de la temporalité :
Ta mémoire amnésique.
A ta chair consommée
Nos canons rachitiques
Un moment déchaînés
Dans l’été ibérique.
A mon souffle balafré
Par tes regards cyniques
Par l’adieu expédié
Comme une vulgaire colique.
Au souvenir défiguré
Sa gueule mélancolique
Sa face rouge burinée,
Moi, goutte d’eau de supplique
Quand tu m’as essuyé.

Quel dieu
A donc pu avoir idée
Que l’amour soit relique ?

 

 

[Fatras] Fatranniversaire #1

[Fatras] Fatranniversaire #1

Un peu plus d’un an que j’ai crée cet espace, que j’ai alimenté avec des choses assez diverses, à un rythme assez varié. Constat: ça force à écrire, un peu, ça ouvre une porte à l’expression. C’est très fécond!

Vous êtes de plus en plus nombreux à passer jeter un œil à tout ça, merci, ça fait chaud au cœur! 

En forme de remerciement, et aussi de mémorisation internet, je débute ici une petite série de vieux trucs que je balance parfois sur les réseaux sociaux, pour les centraliser d’abord, pour les reprendre un peu ensuite, pour en faire profiter celles et ceux qui n’accèdent pas au blog par le biais de Big F. Tout a été écrit à des périodes assez différentes, et j’ai du mal à trier le bon grain de l’ivraie. J’ai cependant occulté ceux qui me paraissaient a posteriori les plus mauvais. J’ai conservé les « meh ». Et tenté d’organiser tout ça selon des thématiques. 

Je reviens bientôt avec des choses vraiment neuves, 

Merci à tous. 

 

 

 

Le trop plein du manque

J’ai pas d’inspi. Clavier tari. Fini, foutu, bouffé, tout cru. J’écrie bien trop. Trop de bide, trop d’entrailles, et toujours ma peau que je tire, ma peau qui s’étale. Ça dégouline, c’est du sang, au moins est-ce un peu esthétique. Fini, foutu, bouffé, tout cru. C’est le silence des opiacés, un vacarme blanc. Qui m’étale, qui me tire. Je demande le Néant, pour avoir mon surplus d’être. La peine capitale, la résurrection! La couronne d’épine, qui dégouline, qui dégouline. De longs filets dorés, qui creusent dans la peau, des frissons, des ruisseaux. D’ordures, d’Or d’Ur. Et les cités d’Appu, au loin dans le levant. Loin du « egogo gargougouillis, ergogo je suis ». Loin des univers en goutte d’écrans cathodiques.

Pile dans la tessiture du Rien, et ce serait ma voix.


Je m’étale, je me tire.


Un bidule qui m’fait swinguer l’barda cognitif façon Dada au rhum:
« Je n’ai jamais traité de l’infini que pour me soumettre à lui »
Lettre à Mersenne 28 janvier 1641, du gars René.

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La mer

Dans le lointain du ciel incandescent
Résonne en écho l’aboi écarlate
D’un albatros mourant.
Ulcéré, il se tord en douleurs
Des ronces lui poussent dans le gosier
Et d’un souffle s’éteint dans la chaleur.
L’incarnat luit sur le duvet lilial,
Que l’oubli farde de sa pureté tardive,
Transpercé d’un coup de jezzail.
Autour du cadavre se forme la ronde
D’assassins laudatifs ; à force cris touchants
Ils défendent l’artiste et vénèrent sa faconde.
Leurs mains sont encore bouillantes
De ses viscères arrachées, et du sang cramoisi
Dégoutte de leur nez en flaques enivrantes.
Ainsi le poète, la plume souillée et le bec aigri
S’en va gabonder loin de leur geste morbide
Et lentement, sans même un bruit,
S’endort seul dans la nuit.

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Maladie

Bêtise, je te hais. Haine féroce. Haine vigoureuse. Haine qui ne vise qu’à te torturer, à t’arracher l’être. Je veux te tuer de mes mains nues, me couvrir de ton sang noir, noir du néant, noir de l’absence. Absence trop présente un murmure dans mon œil, et le poids du vide et le poids du vide dans ta gueule ouverte qui crie encore et toujours et jamais ne s’arrête. Un cri murmuré de l’absente présence, et le meurtre qui coule le long de tes doigts. Toute couverte d’un sang rouge des humains massacrés, de tes doigts le long d’eux ils coulent. Sous couverture de la libre opinion, du droit à dire, pour dire, pour l’opinion. « Une opinion, c’est trop et trop peu pour moi que d’en avoir une », alors je prends les devants, te déclare la chasse pas de répit, pas de pitié, pas de rémission, la guerre, totalité, seulement et toujours avec toi. Tu n’es pas un droit, la bêtise n’en a aucun, tu n’es que la guerre, tu n’es que l’eschatologie, la faiblesse ultime. Alors je te hais. Je hais ta vaine stagnation, déculpabilisée par elle-même, dans l’opinion. Sous le régime de l’opinion, tout est tolérable, état de non-droit à la raison. Sous le régime de l’opinion, c’est Galilée qui brûle enfin, c’est le brasero du savoir et un seul Œil scrutateur rendu fou. C’est mon Œil accablé de ta toute puissance, de ton absence apocalypse, et les cavaliers qui chevauchent dans un grondement dont je pressens l’aiguillon des lances et le fil des haches, et le fléau qui tournoie en tornade ; c’est une tempête qui s’abat. Crève moi les yeux, qu’on en finisse, pitié. Je te hais et moi aussi, car je suis toi toujours, dans les froides vociférations de mes turpitudes nocturnes, et dans le stupre solitaire souillant sinueux mes synapses, et dans le corps usé que je traîne, et dans la paresse et dans la lassitude. Je ne suis pas un droit, je n’en ai aucun, coupable par naissance. Je moi égoïsme, haïssable égoïsme moi. Comme le froid du serpent le long de mes côtes, de ses écailles brunes, et qui rentre par mon nombril ouvert, androgyne originel, et on ne fait qu’un. Éventré. Et le viol permanent de nos sincérités impures.